RDV à penser avec Nadia Yala Kisukidi

Conférence

ve 29 jan 18h
La Base scène ouverte

Nadia Yala Kisukidi, invitée spéciale

À l’occasion de cette nouvelle édition, la philosophe interviendra tout au long du festival avec un RDV à penser, une discussion sur la restitution des oeuvres pillées aux pays africains et animera une rencontre autour du film Faire-part.

Maîtresse de conférences en philosophie à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, directrice adjointe du Laboratoire d’études et de recherches Les logiques contemporaines de la philosophie (LLCP). Elle a été Vice-Présidente du Collège International de Philosophie (2014-2016) et directrice de programme au CIPh (2013-2019). Membre du comité éditorial de la revue Critical Time (Duke University) elle est actuellement, co-commissaire de la Biennale Yango II, Kinshasa / RDC. Nadia Yala Kisukidi est spécialiste de philosophie française contemporaine et de philosophie africana.

Conférence / RDV à penser avec Nadia Yala Kisukidi

La philosophe franco-congolaise a un pied à l’université Paris-VIII, où elle enseigne, et l’autre au Congo, où elle opère comme co-commissaire de la biennale d’art contemporain qui se tiendra à Kinshasa en 2021. Elle nous propose pour ce RDV à penser une approche de la philosophie africana.

Nadia Yala Kisukidi croit à une Laetitia Africana qui regroupe les tentatives théoriques au sein des diasporas africaines qui essaient de produire des versions décolonisées du monde. Penser l’Afrique à travers le monde et non plus face à l’Occident. Pourquoi Laetitia (joie en latin) ? Pour se débarrasser de toute notion de mélancolie au profit d’une activité créatrice.

La restitution d’œuvres d’art pillées

La restitution à des pays africains d’œuvres d’art pillées pendant la colonisation fait débat ces dernières années. Nadia Yala Kisukidi apporte son point de vue à cette question en se demandant comment imaginer leur restitution à leur pays d’origine et quel sens conférer à cet acte.

di 31 jan 14h30
Salle expo Malraux

gratuit sur réservation

Exposition Cimarron

Charles Fréger / Exposition photographies

21 janvier – 20 février
Malraux salles d’exposition

Cimarron est le troisième volet d’une série photographique entamée en 2013 par Charles Fréger et consacrée aux mascarades ; après Wilder Mann (2010), dédié au continent européen et Yokainoshima (2013-2015), localisé sur l’archipel nippon, Cimarron (2014-2018) s’ancre dans les territoires des Amériques. Dans un espace géographique s’étendant du sud des États-Unis au Brésil et comprenant quatorze pays, Charles Fréger dresse cette fois un inventaire, non exhaustif, de mascarades pratiquées principalement par les descendants d’esclaves africains, célébrant la mémoire de leurs pairs et leurs cultures singulières.

Cimarron : le terme revêtu par la série désigne initialement dans le monde colonial hispanique l’esclave fugitif puis donne naissance au terme de «marron», évoquant dans l’après 1848, date de l’abolition de l’esclavage, la figure héroïque de l’homme résistant à l’oppression. Derrière la multitude de traditions masquées présentées, se meuvent les fantômes d’hommes et de femmes aspirant à la liberté. Au travers de ce corpus, se déploient de l’une à l’autre des mascarades dans lesquelles, entre masque maquillage, costume, parures et accessoires, s’entremêlent les cultures africaines, indigènes et coloniales, prises dans le vertige d’un mouvement syncrétique pluriséculaire. La mascarade est plus que jamais ici territoire de mise en regard d’une communauté par une autre, espace où l’on rejoue, où l’on réinvente le rapport à l’oppresseur soit pour le mimer, soit pour l’inverser, toujours pour le subvertir. Extraites à dessein du tumulte du carnaval ou festival auxquels elles appartiennent, les figures incarnées par les mascarades prennent place, monumentales et hiératiques, dans un environnement choisi par le photographe pour ses qualités picturales. Il porte son attention sur la verve esthétique qu’expriment ces silhouettes comme sur celle que recèle l’environnement urbain ou rural. Une bâche de camion d’un rose sali par la suie s’improvise toile de fond au Pintao en République dominicaine ; un tapis d’herbes hautes salue de ses mille verts le plumage bigarré du Caboclo de Pena au Brésil. Couleurs et matières entrent en résonance avec celles revêtues par la silhouette, amplifiant tel un décor de scène l’outrance, la beauté, l’altérité, l’animalité incarnées par la mascarade. Charles Fréger déplace les silhouettes comme pour mieux faire entendre la voix singulière de ces corps théâtraux rejouant chacun avec son langage les actes d’une histoire faite de domination, de souffrance et de résistance. Sur la route de Cimarron, dont l’étendue ne dit que partiellement celle de la pratique de l’esclavage, se déploient les formes d’un contre-pouvoir que la mascarade, loin de dissimuler, vient libérer.

Exposition Visages d’Algérie

Raphaël Gonnet / Exposition photographies

21 janvier – 20 février
La Base

L’exposition regroupe une sélection de photos prises chez l’oncle du photographe, le Père Raymond. Malgrè le choix d’être le plus discret possible, le Père Raymond est au centre du reportage, il en est le fil conducteur… un instantané d’une vie dans l’Algérie d’aujourd’hui. 

Atelier cuisine

Cuisine africaine 
sa 30 jan 16h
Resto La Base 

Et si on cuisinait ensemble ? Le chef vous invite à la découverte de son univers et vous fera découvrir le secret de ses plats. Voyage culinaire garanti !

Attention places limitées, réservation à l’accueil billetterie Malraux. 

Brunch spécial gastronomie africaine

Brunch spécial gastronomie africaine

Miam 
di 31 jan 11h
Restaurant La Base 

En plein cœur de l’hiver, le chef invité vous proposera de déguster un brunch riche en saveurs et en senteurs. Bien loin des préjugés de plats trop gras, trop sucrés, trop salés ou encore trop pimentés, laissez-vous tenter par ce voyage gustatif auprès des cultures africaines.

Attention places limitées, réservation auprès du resto de La Base 04 85 45 01 30. 

Ciné-concert : La petite vendeuse de soleil

de Djibril Diop Mambéty / musique Trio Oriki, Woz Kaly / 55 min / Ciné-concert / à partir de 8 ans

me 27 jan 19h
je 28 jan 10h + 14h30

Théâtre Charles Dullin

Le film mythique de Djibril Diop Mambéty est une ode à la volonté de rester debout. Cette aventure d’une gamine lumineuse dans les rues de Dakar est exaltée par la création musicale jouée en direct, d’Oriki et Woz Kaly, des artistes imprégnés des cultures du continent africain.

Sili, jeune fille de 12 ans avec une jambe appareillée, arpente les rues de Dakar pour vendre des journaux à la criée…un travail qui est habituellement celui des garçons… Ce moyen métrage mêle avec finesse conte et documentaire pour porter un autre regard sur la vie des enfants des rues. Le trio Oriki, et le chanteur sénégalais Woz Kaly accompagnent ses déambulations, sa force et son courage avec une création musicale alliant chants, guitares, oud et percussions. Certaines séquences du film trouvent une nouvelle dimension avec un travail visuel mêlant mapping vidéo, décors et lumières. Créé en 2020 après des résidences en France et au Sénégal, ce ciné-concert donne une nouvelle amplitude à ce magnifique conte moderne.

Ben & Luc

de Mickaël Phelippeau / 1h / Danse / à partir de 11 ans

ma 26 jan 20 + me 27 jan 20h
Malraux grande salle

“ Ce duo est pensé comme un portrait croisé de Ben Salaah Cisse et Luc Sanou, danseurs burkinabés que je rencontre en 2014.

Deux ans plus tard, nous nous retrouvons dans le cadre d’un festival au Burkina Faso, et poursuivons le travail. Nous présentons alors un extrait du duo sur la Place de la femme de Ouagadougou. Cet extrait consiste notamment en une série de porters lents et sensuels, avec une attention portée à la qualité du toucher, du contact, de la peau. Alors que l’accueil est enjoué et bienveillant, le directeur du festival, qui découvrait la proposition, me fait prendre conscience que présenter un duo d’hommes africains dans l’expression de cette sensualité dans un espace public aurait pu être dangereux pour les deux interprètes. Je réalise que Ben et Luc en ont conscience, mais que d’une certaine façon, ils ont souhaité s’exposer à cet endroit.

Pour ma part, le duo prend tout son sens ce jour-là car il place ce projet à l’endroit d’une forme d’engagement et d’une inscription dans une réalité, leur réalité, renforcée par un contexte politique tendu au « pays des hommes intègres ».

Leur parcours entre danse traditionnelle africaine et danse contemporaine nous amène à questionner ce qui les forge et les construit. Il est question d’amour, de complicité, de fraternité et d’amitié et entre ces deux hommes, mais également de dualité et de confrontation. La complexité de cette relation est le point de départ de ce projet. 

– Mickaël Phelippeau